À Milan Cortina, l’équipe de France pourra compter sur ses athlètes de classe mondiale… Mais derrière eux, dans l’ombre des podiums, se trouve une ressource capitale : des entraîneurs, des chefs d’équipe, des cadres techniques… sans qui rien ne serait possible. Pour ces JO 2026, ils seront une dizaine à venir de Bourgogne-Franche-Comté.
Ski de fond : Alexandre ROUSSELET, le stratège des fondeurs
À la tête de l’équipe de France de ski de fond, Alexandre ROUSSELET incarne l’expertise et la continuité d’une filière nordique française en pleine dynamique. Ancien athlète de haut niveau, devenu entraîneur puis chef d’équipe, le Doubiste est aujourd’hui l’une des figures fortes du fond tricolore.
Né le 29 janvier 1977 à Pontarlier, sa carrière d’athlète l’amène à participer aux Jeux olympiques de Salt Lake City 2002 et de Turin 2006, où il signe plusieurs performances solides, dont une 4ᵉ place en relais 4×10 km en 2006, un résultat marquant pour l’équipe de France de l’époque. Fondeur puissant et technicien précis, il remporte notamment la Transjurassienne en 2004, grande classique du massif jurassien, avant de basculer progressivement vers l’encadrement et l’entraînement.
Un entraîneur devenu leader
Après sa carrière sportive, Alexandre rejoint rapidement les rangs des entraîneurs nationaux. Il gravit les échelons, jusqu’à devenir responsable du groupe Coupe du monde puis chef d’équipe de France. À l’approche des Jeux olympiques de Milan Cortina 2026, Alexandre Rousselet joue un rôle central dans la préparation française. Qu’il s’agisse de planifier les stages en altitude, d’ajuster les charges d’entraînement ou de définir les profils de course à cibler, il est au cœur de la stratégie tricolore. A Milan Cortina, le Doubiste vise plusieurs top 8 et espère pouvoir jouer le podium là où les opportunités se présentent (notamment relais, mass‑start classique, sprint par équipes).
Combiné nordique : une direction 100 % franc‑comtoise
Le combiné nordique français s’appuie aujourd’hui sur un staff 100 % régional, ancré dans le Massif du Jura : Alexandre VILLET, chef d’équipe ; Alexandre MOUGIN, entraîneur du saut ; Ludovic BOURGEOIS, entraîneur de ski de fond. Trois techniciens complémentaires, portés par une même vision : remettre la France parmi les nations qui comptent.
De gauche à droite : Alexandre VILLET, Alexandre MOUGIN, Ludovic BOURGEOIS. Photos : DR
Alexandre VILLET, le chef d’orchestre
Nommé chef d’équipe en juillet 2022, Alexandre VILLET est aujourd’hui la figure centrale de la discipline. Ancien entraîneur du comité du Massif jurassien puis du groupe B pendant trois ans, il a gravi les échelons jusqu’à prendre la tête de l’ensemble du combiné nordique français en 2022. Sa première saison à la tête des Bleus a été un succès retentissant : trois podiums en Coupe du monde, une 8ᵉ place au général pour Laurent Mühlethaler, un Top 15 pour Mattéo BAUD. Alexandre VILLET a imposé une méthode simple mais efficace : mélanger les groupes A, B et juniors, pour créer une émulation collective.
Son leadership guide aujourd’hui tout le projet olympique du combiné français.
Alexandre MOUGIN, le technicien du saut, l’exigence au millimètre
Aux côtés d’Alexandre VILLET, Alexandre MOUGIN occupe la fonction d’entraîneur du saut. Ancien entraîneur du comité jurassien, il représente la rigueur technique et la maîtrise du geste, avec un suivi méticuleux de chaque athlète : analyse vidéo, travail biomécanique du vol, gestion des conditions aérologiques, optimisation des comportements sur tremplin…
Son rôle est déterminant dans l’éclosion de sauts stables et compétitifs indispensables pour jouer les premiers rôles à Milan Cortina.
Ludovic BOURGEOIS, le moteur du ski de fond
Troisième pilier du trio, Ludovic BOURGEOIS est l’entraîneur en charge du ski de fond. Entraîneur reconnu et respecté depuis de nombreuses années, il a notamment formé de jeunes talents au sein du comité du Massif jurassien avant d’intégrer les équipes nationales. Fin connaisseur des terrains, expert dans la gestion de l’intensité et du lactique, il assure un suivi individualisé des charges d’entraînement et porte un regard aiguisé sur la technique en skating et en classique.
Sa capacité à transformer les qualités physiques des athlètes, en particulier sur les formats Gundersen longs et exigeants, est l’un des atouts majeurs du combiné français.
Biathlon : Stéphane BOUTHIAUX, l’architecte de l’âge d’or du biathlon français
Stéphane BOUTHIUAX, à gauche, fait partie des hommes ayant façonné la carrière du jurassien Quentin FILLON-MAILLET (à droite). Photo : DR
Directeur du biathlon français, Stéphane BOUTHIAUX est l’un des artisans des succès tricolores depuis une quinzaine d’années. Né le 26 mars 1966 à Pontarlier, athlète de haut niveau jusqu’en 1997, il décroche deux médailles de bronze aux Championnats du monde (1990 et 1995) et un podium en Coupe du monde en 1991 à Oslo, tout en représentant la France aux Jeux olympiques de Lillehammer en 1994. Bien que sa carrière d’athlète soit notable, c’est surtout dans son rôle d’entraîneur qu’il écrira les plus belles pages de son histoire.
Objectif : 10 titres olympiques !
Après sa retraite sportive, Stéphane BOUTHIAUX devient entraîneur de l’équipe de France masculine en 2007, avant de diriger les équipes de France durant onze saisons. Il accompagne notamment des champions comme Martin FOURCADE, Vincent JAY, Quentin FILLON-MAILLET, Lou JEANMONNOT, contribuant largement à la domination française sur la scène mondiale avec globes de cristal, médailles olympiques et performances de haut niveau. Il cumule déjà 8 titres olympiques en tant qu’entraineur. La barre des 10 n’est plus très loin…
Ski nordique : l’excellence du ski‑glisse avec Jean HERODY et Samuel NORMAND
Indispensables dans l’ombre des athlètes, Jean HERODY et Samuel NORMAND interviendront comme techniciens ski‑glisse, dans toutes les disciplines du ski nordique. Un rôle crucial pour optimiser les performances du matériel, le fartage, la glisse et l’adaptation aux conditions de neige. Sans eux, aucune médaille ne se gagne.
Jean Herody et Samuel Normand seront du voyage à Milan Cortina, à bord de l’atelier ski de l’équipe de France. Photo : Xavier DUCORDEAUX
Jean HERODY : le Jurassien au cœur de l’innovation technique
Figure reconnue du monde nordique, Jean HERODY a longtemps œuvré comme technicien et entraîneur dans différentes structures françaises. Originaire du Jura, il demeure aujourd’hui un acteur clé de la glisse française, travaillant au service des équipes de France de ski de fond et de biathlon en tant que technicien spécialisé — particulièrement mobilisé autour des enjeux liés à l’interdiction du fluor, qui a révolutionné les méthodes de préparation du matériel. Il fait partie de l’atelier national dédié au développement de la glisse.
Réputé pour sa précision, sa rigueur et une approche mêlant science de la neige et innovation, Jean représente la génération des spécialistes capables d’adapter les skis aux conditions les plus variables, un rôle devenu d’autant plus stratégique avec l’ère du “sans fluor”.
Samuel NORMAND : l’ex‑farteur devenu référence du combiné nordique
Moins médiatisé mais tout aussi indispensable, Samuel NORMAND appartient à cette même famille de techniciens passionnés. Ancien farteur de l’équipe de France de combiné nordique, il a accompagné durant des années les athlètes tricolores sur les plus grandes compétitions, assurant une glisse optimale dans une discipline particulièrement exigeante.
Reconnu pour son savoir-faire pointu en fartage et son sens de l’adaptation, il a contribué à la progression du combiné français, discipline hybride nécessitant un matériel irréprochable pour rester compétitif face aux nations phares que sont la Norvège ou l’Allemagne.
Jeux paralympiques : Anaïs BESCOND a hâte
Après les Jeux olympiques, Milan Corina accueillera les Jeux paralympiques, du 6 au 15 mars 2026. Il sera alors temps pour Anaïs BESCOND d’entrer en lice. La Jurassienne est depuis 2022 entraîneure de tir de l’équipe de France de biathlon. Triple médaillée olympique et figure du biathlon français des années 2000, elle a choisi de s’engager depuis sa retraite sportive dans une seconde carrière animée par la transmission. Son travail a déjà porté ses fruits : certains athlètes ont connu une progression fulgurante, comme Karl TABOURET, après un long travail de régularisation du tir. Elle accompagne également des athlètes confirmés tels qu’Anthony CHALENCON ou Benjamin DAVIET. En 2022, l’équipe de France paralympique avait ramené de Pékin 2 médailles d’or. Anaïs aura pour mission, à Milan Cortina, de faire au moins aussi bien.