L’équipe de France de ski de fond a choisi de séjourner deux semaines (du 9 au 23 janvier) au Centre Nationale de Ski Nordique et de Moyenne Montagne (CNSNMM) de Prémanon afin de préparer l’échéance olympique de Milan Cortina (du 6 au 22 févier). Olivier MICHAUD, le patron des Bleus, connait bien le site. « Un outil incroyable », selon lui, devenu une référence mondiale.

Victor LOVERA et l’équipe de France de ski de fond

Victor LOVERA et l’équipe de France de ski de fond s’entrainent actuellement à Prémanon, à quelques jours du début des épreuves de Val di Fiemme. Photo : Xavier DUCORDEAUX

« Très jeune, je venais déjà avec l’équipe de France de biathlon. Il n’était pas centre national. Aujourd’hui, c’est devenu un outil incroyable. » Olivier MICHAUD fréquente le CNSNMM de Prémanon depuis plus de 30 ans. L’actuel directeur de l’équipe de France de ski de fond a vu le bâtiment se transformer, années après années. Après l’inauguration d’un vaste espace « haute performance » à l’automne 2024, le site jurassien est aujourd’hui devenu une référence mondiale : « Il ne manque … rien ! Nous n’avons plus grand-chose à envier aux autres nations. Hormis peut-être la Norvège qui met de gros moyens. Mais vis-à-vis de la Suisse, de l’Autriche, de l’Italie… on n’a pas de retard. Ou plutôt, on l’a très, très bien rattrapé. »

L’espace Haute Performance de Prémanon. Photo Xavier DUCORDEAUX

L’espace Haute Performance, inauguré en 2024, dispose d’équipements derniers cris. Photos : Xavier DUCORDEAUX

Une remise à niveau en 2024
Un cap a été passé fin 2024. Le vieux gymnase datant des années 70 a été totalement repensé et transformé, avec la création d’une salle de musculation ultra moderne, dotée de matériel dernier cri : « Je connais une salle du même type à Oslo mais il n’y a pas la quantité de matériel qu’on a ici » se réjouit Lou JEANMONNOT, actuelle leader de la coupe du monde de biathlon, utilisatrice régulière du centre de Prémanon. D’autres équipements sont venus professionnaliser encore d’avantage le site, avec la création d’espaces dédiés au suivi médical (médecins, kinés, psychologues…), ou encore l’installation d’un tapis roulant de grande dimension sous hypoxie, permettant de travailler à différentes altitudes : un équipement unique en France.

Olivier MICHAUD. Photo : Xavier DUCORDEAUX

Olivier MICHAUD pose sur le tapis roulant, installé en salle hypoxie. Photo : Xavier DUCORDEAUX

Un centre qui fonctionne à l’année
Au-delà des nouveaux équipements, le point fort du CNSNMM réside dans sa capacité à être autonome : « Il fait partie des centres nationaux où on peut être accueilli, logé, nourri, confirme Olivier MICHAUD. Contrairement au Centre national de ski alpin par exemple, qui est à Albertville. Un très beau centre. Mais qui n’offre pas de logements. » C’est d’autant plus confortable et important que les athlètes passent beaucoup de de temps au centre, à l’année : « Neige ou pas neige, le nordique s’entraine l’été, l’automne, l’hiver, au printemps. Les plus jeunes athlètes passent entre 60 et 65 jours par an à Prémanon, notamment en préparation des Mondiaux U23. Les plus expérimentés effectuent davantage de stages courts ou ciblés, soit une trentaine de jours en moyenne, complétés par des séjours sur neige ailleurs, à Font-Romeu, en Scandinavie… »

LE CNSNMM de Prémanon. Photo : Xavier DUCORDEAUX

LE CNSNMM possède ses propres ateliers de fartage, dans lesquels les techniciens de l’équipe de France préparent les skis des athlètes avant chaque compétition. Photo : Xavier DUCORDEAUX

Des conditions semblables à celles de val di Fiemme
A quelques jours du début des Jeux olympiques, Olivier MICHAUD et le staff des Bleus ont fait un choix fort : renoncer à la coupe du monde d’Oberhof (Allemagne) des 17 et 18 janvier. A la place : un stage à Prémanon, bien sûr ! L’équipe de France y a installé ses quartiers depuis le 9 janvier. Elle y restera jusqu’au 23 janvier : « C’est vraiment un plan pour préparer au mieux les JO » explique olivier MICHAUD, qui voit dans le site de Prémanon un autre facteur de réussite : « On a ici une qualité de neige qui devrait être semblable à ce que l’on risque de trouver à Val di Fiemme. C’est un atout pour nos techniciens qui peuvent travailler dans des conditions optimales. Et sur le stade des Tuffes, juste à côté, on est capable de façonner des pistes qui auront le profil de celles des JO. »

Mathis DESLOGES. Photo : Xavier DUCORDEAUX

Mathis DESLOGES, à l’entraînement sur le stade des Tuffes. A Val di Fiemme, il devrait être un maillon fort de l’équipe de France. Photo : Xavier DUCORDEAUX

Il y a quatre ans, à Pékin, l’équipe de France était revenue avec une seule médaille, en bronze, grâce à son relais. Cette année, elle vise plus haut : « En team sprint, on a été capable de monter sur le podium, voire de gagner. En sprint, idem. Et le relais, c’est dans notre ADN. Alors chez les garçons, nous pouvons viser trois médailles si les planètes s’alignent. Chez les filles, nous avons eu des blessures. Nous espérons de très belles perfs. Dans tous les cas, l’équipe de France donnera le maximum. »

La Région, toujours plus proche de Prémanon

Au cours des 10 dernières années, la Région a investi plus de 2,5 millions d’euros pour moderniser le CNSNMM : « C’est un équipement qui nous tient à cœur, appuie Hicham BOUJLILAT, vice-président en charge des sports ; C’est un marqueur de notre territoire. Nous allons bien entendu continuer de le soutenir, de le développer. Nous avons une feuille de route jusqu’aux jeux de 2030, qui se dérouleront dans les Alpes françaises. L’objectif : c’est de consolider Prémanon comme le site incontournable de la haute performance du ski nordique français. »

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